Alors que l’Association Restauration Québec (ARQ), tout comme le reste de l’industrie de l’hospitalité, voire même l’ensemble des entreprises du Québec, plaide pour des assouplissements des règles entourant les travailleurs étrangers temporaires (TET), le gouvernement du Québec vient de remettre un bâton dans les roues pour les exploitants de restaurants, d’institutions et autres types de ressources alimentaires. En effet, le poste de cuisinier vient d’être supprimé par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale de la liste des emplois admissibles au traitement simplifié.
Concrètement, cela veut dire que les employeurs à la recherche de cuisiniers devront recommencer à afficher le poste pendant quatre semaines dans les babillards d’emploi, souvent pour ne recevoir souvent aucun curriculum vitae au final. Quatre semaines qui s’ajoutent à un processus déjà long, complexe et coûteux, et qui démontre l’incohérence du gouvernement qui reconnaît pourtant une pénurie de travailleuses et de travailleurs dans ce poste d’un côté, mais qui pose des actions tout à fait contraires de l’autre.
Des craintes pour la bonne marche des restaurants
L’ARQ l’a mentionné à plusieurs reprises, les restauratrices et les restaurateurs peinent encore à recruter des employés, surtout à temps plein, formés et expérimentés. C’est pour cette raison qu’ils n’ont d’autres choix que de se tourner vers l’étranger pour trouver ce personnel. L’un des constats qui en ressort depuis longtemps, c’est que bien que le taux de chômage puisse être plus élevé dans certaines régions et qu’on pourrait croire que la main-d’œuvre est disponible pour ce poste, les Québécoises et les Québécois ne sont plus autant intéressés qu’auparavant à occuper des emplois exigeant leur présence pendant les week-ends. Or, depuis toujours, les clients viennent dans les salles à manger principalement les vendredis et samedis soir.
Par ailleurs, l’organisation s’inquiète de la qualité de l’accueil pour la saison touristique à venir, alors que les établissements de restauration seront plusieurs à ne pas être en mesure d’offrir une capacité et une rapidité de service à laquelle nous sommes habitués, et ce, particulièrement dans les régions à fort potentiel touristique. Sans le personnel nécessaire pour combler toutes les heures d’ouverture, les restaurateurs risquent de devoir réduire celles-ci pour laisser leur personnel en place respirer un peu. Les visiteurs devront se tourner vers les épiceries, où il y en a, et les dépanneurs pour s’alimenter.
Une industrie de second niveau?
« Nous sommes incrédules face à cette nouvelle annonce. Cela démontre, une fois de plus, l’incompréhension des paliers de gouvernement face au dossier des travailleurs étrangers temporaires et de leur indispensable utilité pour notre industrie. La restauration, qui était pourtant jugée comme un service essentiel pendant la pandémie de la COVID-19, semble maintenant considérée comme une industrie de second niveau dans l’économie du Québec, ce qui est inacceptable », dénonce Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ. « Nous demandons aux ministres de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi que de l’Immigration, de la Francisation et de l’intégration de revenir sur leur décision et de remettre nos métiers sur la liste de traitement simplifié. Nous invitons aussi le ministre Roberge à prendre action avec nous afin d’obtenir une clause grand-père du gouvernement fédéral pour le renouvellement des travailleurs étrangers temporaires. L’industrie ne peut se permettre de perdre ses 16 365 travailleurs étrangers temporaires sur le territoire sans qu’il y ait des impacts dévastateurs », a-t-il ajouté.